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La démodécie canine

La démodécie canine est cause par une mite, Demodex canis, qui fait partie de la flore normale de la peau des animaux. Elle est présente en petite quantité chez la majorité des chiens en bonne santé. Ces dernières sont acquises durant les 2-3 premiers jours de vie par contact direct avec la mère lors de l’allaitement. En petit nombre, elle ne cause aucun problème de santé.

 La démodécie canine est une maladie inflammatoire non-contagieuse, caractérisée par une prolifération anormale des mites dans les follicules pileux. Une faiblesse au niveau du système immunitaire, possiblement de nature héréditaire, serait en cause et permettrait la reproduction et la prolifération excessive des démodex. Il en résulte une rougeur de la peau et une perte progressive des poils. Une surinfection bactérienne et/ou fongique est aussi possible.

 La démodécie canine se classifie en deux formes selon l’étendue et la gravité des lésions :

  • Forme localisée: 5 lésions ou moins présentes simultanément sur l’animal. En général, le chien ne se gratte pas. Celle forme est dans la majorité des cas auto-limitante et se résout spontanément en 6 à 8 semaines sans traitement ni séquelles. Cependant, 10% de ces chiens vont évolués vers la forme généralisée et ce, qu’un traitement ou non soit mis en place.
  • Forme généralisée: Forme plus grave et devant être prise en charge immédiatement. Elle se caractérise par la présence de plus de 5 lésions en même temps et/ou s’étendant à l’ensemble d’une partie du corps (ex. tête, tronc..) et/ou impliquant les extrémités (pattes). De plus, elles sont presque toujours aggravées par une infection bactérienne nécessitant l’administration d’antibiotique conjointement au traitement dirigé contre les mites.

Typiquement, ces 2 formes débutent chez les jeunes chiens (moins de 1 an) mais peut, dans certains cas apparaitre à l’âge adulte surtout lors de conditions et/ou médications abaissant le système immunitaire de l’individu.

Avec un bon suivi médical, la majorité des cas de démodécie canine généralisée vont guérir. Des grattages cutanés seront faits de façon régulière afin de vérifier l’efficacité du traitement. Dans tous les cas, il est important de continuer le traitement au-delà de la guérison clinique de votre animal et de poursuivre la médication jusqu’à un mois après la disparition de toutes les mites au grattage afin de diminuer les risques d’échec au traitement et/ou de récidives. Il est donc primordial de bien suivre les recommandations et de se présenter au rendez-vous de contrôle. Un arrêt prématuré du traitement est généralement responsable d’une rechute, laquelle peut se manifester de quelques semaines à plusieurs mois après la fin du traitement.

On recommande également de faire stériliser les chiennes atteintes de démodécie généralisée car les changements hormonaux reliés à la chaleur ou à la gestation peuvent favoriser une rechute. De plus, le fait que cette maladie soit reliée à un problème héréditaire apporte une raison de plus pour stériliser l’animal affecté. Il est d’ailleurs fondamental de retirer de la reproduction tous les chiens affectés de démodécie généralisée car ce problème est héréditaire et ce, même s’ils en sont guérie.

Traitement de la démodécie canine à l’aide d’ivermectin

L’ivermectin est un antiparasitaire souvent utilisé en médecine vétérinaire pour le traitement des parasites internes et externes de plusieurs espèces animales. Même s’il n’est pas homologué chez le chien dans le traitement de la démodécie canine, il est maintenant utilisé couramment à cet effet.

L’ivermectin est potentiellement toxique chez certaines races de chiens (surtout les chiens de race Colleys). Cependant, chez les races non à risque, l’ivermectin possède une très grande marge de sécurité. Seulement 10% des races non à risque peuvent développer des effets secondaires tels que la dilatation des pupilles et une démarche anormale. Toutefois, ces effets secondaires s’arrêtent généralement rapidement suite à l’arrêt de la médication ou lorsque la dose est diminuée.

Même si votre animal fait partie des races non à risque, votre vétérinaire peut, selon le cas, préconiser une augmentation graduelle de la dose d’ivermectin afin de surveiller l’apparition des réactions indésirables telles que : démarche chancelante, changement de comportement, dilatation des pupilles, tremblements, salivation, faiblesse, altération de la vision, perte de conscience et/ou convulsions. Bien que ces effets secondaires soient rares, il est primordial de les reconnaître afin d’arrêter immédiatement l’administration d’ivermectin et de nous contacter.